Titre

titre/domaine provisoire : Étude sur l’émergence et l’évolution de l’historien de l’art comme sujet de la représentation

Auteur Hugo CLÉMENCE
Directeur /trice Pr. Valérie Kobi, UniNE
Co-directeur(s) /trice(s)
Résumé de la thèse

Si le genre du portrait et de l’autoportrait ont fait l’objet – et continuent de faire l’objet – de nombreuses publications de la part des historiens de l’art, la représentation de l’historien de l’art par ou pour lui-même apparaît en revanche comme un champ d’analyse encore peu approfondi. Qu’elles soient minutieusement préparée ou prise au hasard, cette iconographie de l'historien de l’art semble avoir quelque chose à nous dire tant sur la science historique elle-même, que sur l’histoire de l’art en particulier et sa construction récente en discipline universitaire en quête de légitimité académique. Elle apparaît également comme une manière pour l’historien de construire une mémoire visuelle, laquelle doit être étudiée en tant que telle.

Quels rapports entretient l’historien de l’art avec son image ? Comment l’évolution des médiums de la représentation, telle que la photographie, ont modifié et imprégné ce rapport ? Quelles relations peut-on établir entre le discours visuel et le discours textuel de l’intellectuel, dans la tension entre la représentation de l’intime et l’exposition publique ? De quelle manière l’exposition de soi et la mise en scène du savoir contribue à assoir une position d’autorité, voire de pouvoir, et une mythologie de l’auteur, du savant, de l’intellectuel ? De quelle manière cette expression a évolué avec les époques, et qu’en est-il aujourd’hui, avec l’émergence continuelle de nouveaux médias/médiums ?

Autant d’interrogations, d’articulations et de piste d’investigations qui ambitionnent de constituer, s’appuyant sur l’analyse d’un corpus comparatif de nombreux portraits et autoportraits d’historiens de l’art dans le temps, une étude au croisement de l’historiographie et de l’épistémologie des sciences historiques, du discours public et du discours privé. Un questionnement sur l’image de soi dans une sorte d’« égo-histoire visuelle », dont le déploiement s’effectuera sur 5 axes de recherche :

1. De l’utilité d’effectuer une étude sur l’image de l'historien et le récit de soi. L’historien de l’art est-il un savant comme un autre ? ;

2. La manière dont l’image de soi et la mise en scène du savoir participent à l’écriture et au narratif d’une science, ainsi qu’à sa légitimité ;

3. Conditions, modalités et contraintes qui amènent l’historien à se constituer et se reconnaitre comme sujet de la représentation ; interroger la mise en place du « statut de celui qui connaît » (Foucault) ;

4. Analyse de la manière dont, par l’image et le récit de soi, un individu, un groupe ou une institution devient garante du discours historique. Interroger le processus de production et de diffusion de l’image de soi comme concourant au cadre discursif d’une discipline ;

5. Analyse de l’espace : de quelle manière l’environnement, dans lequel prend place la figure du savant, participe à l’établissement du narratif disciplinaire et de la légitimité scientifique. Exemple : la bibliothèque. Cas d’étude : la bibliothèque Warburg

Statut au début
Délai administratif de soutenance de thèse
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