Information détaillée concernant le cours

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Titre

Histoire de l’art, culture matérielle et matérialité: questions et approches nouvelles

Dates

09 octobre 2020

Organisateur(s)

Mme Marie-Charlotte Lamy, UNIL Mme Melissa Nieto, UNIL

Intervenant(s)

Prof. Viccy Coltman, University of Edinburgh; Prof. Sarah Guérin, University of Pennsylvania Prof. Aden Kumler, University of Chicago Prof. Michele Tomasi, UNIL

Description

L'histoire de l'art a été confrontée aux questions liées à la matérialité de ses objets d'étude dès sa fondation comme discipline scientifique (cf. Gottfried Semper). Cette problématique a été toutefois profondément renouvelée au cours des dernières décennies, sous l'impulsion de facteurs multiples, dont les pratiques de certains courants artistiques contemporains (par ex. le Land Art), le rôle des nouveaux médias dans la création, la place grandissante prise par les outils numériques dans l'exercice de la discipline, mais aussi la reconnaissance de l'importance des productions éphémères dans le passé ou l'intérêt croissant porté par l'archéologie, l'anthropologie et l'histoire tout court à la culture matérielle. La prise en compte de plus en plus fréquente et systématique des données produites par les restaurations et les analyses scientifiques des œuvres et des monuments contribuent également à ces mutations du rapport à la matérialité. Certains aspects de l'étude de la matérialité, bien qu'anciens, gardent toute leur actualité – cela vaut pour la compréhension des procédés techniques et de fabrication ou pour la réflexion sur les possibilités et les contraintes que le matériau pose à l'artiste. D'autres questionnements se sont toutefois rajoutés, comme ceux portant sur l'approvisionnement et commerce des matières premières (Kirby, Nash et Cannon 2010), ou d'autres sur les significations culturelles et sociales attachées aux matériaux (Gramaccini, Raff). Les études sur la culture matérielle ont notamment permis de considérer l'œuvre d'art, non plus comme une image isolée et autonome – souvent perçue en deux dimensions -, mais comme un objet matériel qui, de par ses diverses caractéristiques physiques, devient un médiateur social. En prenant en compte les processus allant de la commande à la fabrication, de la distribution à l'usage, le matériau vient à être étudié comme vecteur des représentations qui fondent une culture L'approche de la matérialité des œuvres est aussi désormais de plus en plus souvent associée à l'interrogation sur ce que l'on appelle sa médialité. Tous ces problèmes acquièrent une acuité accrue dans un monde de plus en plus structuré par le numérique. Tout chercheur en histoire de l'art, débutant ou avancé, est ainsi confronté, aujourd'hui plus que jamais, à la question de la matérialité. Celle-ci est toutefois traitée de manière variée en fonction des cultures d'appartenance et des objets étudiés. Dans ce contexte, l'atelier se propose de donner à entendre aux doctorant-e-s CUSO trois des chercheuses les plus originales qui travaillent de manière intense sur la matérialité dans le monde anglo-saxon, afin de contribuer à ouvrir leurs horizons. Trois doctorant-e-s seront choisi-e-s par un appel à propositions afin qu'elles/ils présentent leurs propres recherches afin de montrer comment ces questions se posent dans leur propre travail de thèse. Il est prévu de laisser une large place au débat et à la discussion et de mettre en valeur les aspects méthodologiques que les doctorant-e-s pourraient ainsi s'approprier quel que soit leur objet d'étude. Les échanges de vues seront préparés par des lectures préalables proposées par les intervenantes et par les questions que les doctorant-e-s pourront soumettre à l'avance aux conférencières et qui seront posées publiquement au début de la discussion.

Lieu

Lausanne

Information
Places

24

Délai d'inscription 05.10.2020
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