Titre

La légitimation de la vidéo artistique durant les années 1980 (Genève et Paris) (titre de travail)

Auteur Melissa Rérat
Directeur /trice Prof. Régine Bonnefoit
Co-directeur(s) /trice(s) PD Dr. Andrea Glauser (Université de Lucerne)
Résumé de la thèse L’histoire de l’art vidéo, encore jeune puisque remontant aux années 1960, est structurée selon les inventions et améliorations techniques du médium vidéographique. Cette évolution a engendré différentes formes de l’art vidéo : sculpture réalisée à partir de téléviseurs, bande vidéo diffusée sur un moniteur, installation vidéo, installation audiovisuelle. Alors que durant la seconde moitié des années 1960 et les années 1970, la vidéo est présentée en Suisse dans des appartements et galeries d’artistes et fait quelques rares apparitions au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, elle profite au cours de la décennie 1980 d’un essor de festivals lui étant spécifiquement dédiés ainsi que d’une place dans les expositions d’art contemporain et les collections de musées et de centres d’art. L’introduction dans le musée peut s’expliquer sur un plan formel et / ou sur un plan sociologique. En ce qui concerne le premier, la forme de l’installation vidéo a permis l’exposition, sous la forme d’un objet artistique en trois dimensions, réalisé en exemplaire(s) unique ou limités, et non plus d’une image en mouvement. Sur le plan sociologique, en fonction des formes permises par l’évolution technique de la vidéo, son acception en tant qu’œuvre d’art a subi des variations, phénomène qui permet de dégager une hiérarchie, allant du média de masse à l’art mineur, puis à l’art majeur pour enfin atteindre le niveau supérieur des Beaux-Arts. A une hiérarchie distinguant le grand Art, ou l’art en général, et les arts, implicitement mineurs, s’ajoute une seconde échelle de valeurs propre à la vidéo correspondant aux différents domaines de production, d’emploi et de diffusion du médium. En effet, dès l’apparition de la caméra vidéo portative au milieu des années 1960, la vidéo a certes été employée par des artistes, mais aussi par des cinéastes, des sociologues, des enseignants, des journalistes ou encore des militants politiques. Face à cette double échelle de valeur propre au médium vidéographique, la question du passage de la vidéo à l’art vidéo, autrement dit de l’acquisition du statut d’œuvre d’art, se trouve complexifiée. Après avoir rassemblé les outils théoriques nécessaires provenant de la sociologie de la culture et de la philosophie de l’art, le présent projet de recherche se concentrera sur l’art vidéo en Suisse, plus spécifiquement sur la décennie 1980 et la ville de Genève. Un travail sur le terrain, par le biais de consultation de fonds d’archives et de conduite d’interviews, fournira les éléments nécessaires pour d’une part établir l’importance de Genève dans l’histoire de l’art vidéo en Suisse, et plus particulièrement le rôle des institutions genevoises dans la reconnaissance artistique de ce nouveau médium. D’autre part, l’étude empirique permettra de rendre compte de la pertinence des concepts issus de la sociologie et de la philosophie concernant les spécificités de l’art vidéo. Le travail sur le terrain se poursuivra dans trois villes : Paris, Vancouver et Düsseldorf, ce qui permettra de compléter et de contextualiser l’histoire de l’institutionnalisation de la vidéo à Genève.
Statut
Délai administratif de soutenance de thèse Début 2020
URL http://www.unine.ch/cms/render/live/fr/sites/iham/home/collaborateurs/assistants
LinkedIn Melissa Rérat
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